mardi 2 août 2011

Dans la brume


Je n'écris pas beaucoup, je suis silencieuse... Je suis dans la brume...

Je pense beaucoup, je lis beaucoup, ça travaille pas mal fort dans ma tête ces temps-ci.

J'ai une lettre qui attend sur le bord de la porte d'être mise à la porte. Une lettre que j'ai écrit pour quelqu'un qui a déjà fait parti de ma vie mais qui n'en fait plus parti depuis plusieurs années. J'ai mis fin à cette relation avec mon père à 13 ou 14 ans car il était très rarement présent pour moi, on se voyait très peu et j'habitais avec ma mère à 5 heures de route de chez-lui. La journée où j'ai décidé que c'en était assez, il m'avait dit au téléphone qu'il ne pouvait venir me chercher chez mes grand-parents car il devait tondre le gazon... Ç'a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Je fais 5 heures de route et lui préférait tondre le gazon. Je lui ai fermé ma porte. En 2008, j'ai du entrer en contact avec lui pour lui demander de signer les documents pour que le mari de ma mère qui pour moi est un père m'adopte. Ça m'a fait drôle de parler à cet homme qui m'aimait encore tellement. Lorsque je lui ai dit la raison de mon appel, ça été comme de lui enlever ce qu'il avait de plus précieux. Il m'a demandé en échange de sa signature de lui donner de mes nouvelles de temps à autre. À Noël cette année là, je lui ai envoyé une carte. Puis, plus rien. J'ai eu ma fille et j'ai continué ma vie. J'ai souvent pensé à lui mais je procrastinais et je ne lui ai pas écrit. La semaine dernière, après avoir écouté l'émission avec Denise Bombardier où elle dit qu'elle a compris avec l'âge que nous ne sommes pas tous des héros, pas tous des êtres parfaits et qu'il ne faut pas en vouloir au monde, après avoir lu un livre qui parlait de nos émotions parfois démesurées et du fait que nous voyons souvent une situation seulement de notre perspective et non pas en nous mettant à la place de l'autre, j'ai décidé de lui écrire. Je lui ai écrit une lettre d'une page où je lui dit que je comprends qu'il traversait un moment difficile (chômage et autre) et que de mon côté, j'avais besoin d'un père stable et que je n'avais pas la maturité pour comprendre à ce moment là qu'il pouvait être ailleurs à cause de ses problèmes. Je lui donne aussi de mes nouvelles. Je ne veux pas renouer avec lui mais je veux qu'il sache que je ne lui en veux pas et que je vais bien.

C'est une grosse partie de ce qui se brasse dans ma tête mais il y a un paquet d'autres petites choses qui ne devront pas autant m'atteindre mais qui le fond.

Je suis fatiguée et il y a des jours où je me sens en mini baby-blues... Je le sais car j'ai moins envie de sortir, tout semble être une montagne, je passerais mes journées à dormir blottie dans mon lit la tête sous l'oreiller et je n'ai plus aucune patience...Mais, ne vous inquiétez pas, je prends mes Oméga-3 à tous les jours et je me botte le derrière pour sortir quand même! D'ailleurs, j'ai un dîner de filles demain midi et je vais chez Lio Fratelli avec une copine samedi. Je souhaite que ce ne soit qu'un orage passager et j'ai bien hâte de sortir de la brume.

5 commentaires:

La Belle a dit…

Bravo de t'écouter et de faire ce que tu as envie de faire. Ça ne doit pas être facile, mais en te lisant je sentais comme si en écrivant cette lettre là, tu réussissais à enlever quelques livres que tu transportes en trop. Je me trompe?
Courage, la brume se tassera un jour. Si tu savais dans quelle brume j'étais les 2 dernières années et là ça se dégage pour mon plus grand bonheur!
Un jour à la fois, un petit pas à la fois était ma devise. xxx

Evely a dit…

Je te comprends tellement. J'ai un père adolescent, irresponsable, tricheur, manipulateur... bref une mauvais personne égoïste. Je ne l'ai pas revu depuis que j'ai 12 ans. Il m'a détruit de tellement de manière que des fois je me demande comment il se fait que je sois juste un tit peu folle et pas complètement ;o)

Enfin tout ça pour dire que pour l'instant je ne veux rien savoir de lui. J'ai mieux à faire, mieux à vivre. Si je ressens le besoin, j'irais le voir et selon MES conditions. Être un parent, c'est être présent. Ça tout le monde est capable de le faire (enfin...) Être un bon parent c'est de penser aux enfants avant de penser à soi. Ce n'est pas tous qui peuvent le faire, mais ni le manque d'argent, ni le manque d'éducation, ni les problèmes personnels ne devraient l'empêcher.

Fait attention à toi... tout ce que je peux dire, c'est que perso dans mon histoire chaque fois qu'il m'a recontacté, c'était pour mieux me blesser...

Capara a dit…

La Belle: Je sens effectivement un poids de moins sur mes épaules. Je crois en ce que tu dis, la brume se tasseras lentement mais sûrement. J'aime beaucoup ta devise d'un jour à la fois.

Evely: Je suis désolée de voir que tu as un problème de papa toi aussi. De mon côté, je n'ai aucune attente envers lui, j'ai un papa remplaçant qui s'occupe de moi depuis que j'ai 4 ans et je ne considère pas avoir besoin de mon père biologique. En fait, je crois même ne pas désirer son retour dans ma vie, je n'ai pas de place pour lui. Cependant, je tenais à tenir la promesse que je lui avais fait. Le seul risque que je vois, c'est qu'il prenne cette lettre pour une invitation à revenir dans ma vie. Je vais y aller avec la devise de La Belle, un jour à la fois et voir ce qui arrivera. ;)

Stéphanie a dit…

Capara, ton billet me touche beaucoup.
J'ai eu la chance d'avoir des parents unis et présents. Nous ne faisions pas de voyage en famille, mais mes souvenirs d'été sont remplis des parties de "baseball" qu'on s'inventait dans la piscine mes parents, ma soeur et moi. Ou encore des journées passées à monter des énormes côtes pleines de neige pour les redescendre aussi vite en traîneau.

Ton billet me touche parce que mon fils a un père absent qu'il ne voit que très rarement. Lui aussi annule ses visites à la dernières minutes parce qu'il a une partie de golf ou parce qu'il n'a pas l'argent pour payer l'essence pour l'aller-retour Sherbrooke-Gatineau. J'ai peur que mon fils, comme toi, un jour en ait assez de son père. Je ressens ta brume et j'aimerais tellement pouvoir l'éviter à mon fils...
Bon courage Capara... xxx

Capara a dit…

Stéphanie: Je ne regrette pas d'avoir mis mon père à l'écart de ma vie. Je regrette de lui avoir prêté de mauvaises intentions. Je me suis toujours dit qu'il avait été un mauvais père et se foutait de moi. Aujourd'hui, je me dis que c'est un homme qui avait ses problèmes et ne savait pas comment être un bon père.

J'espère pour ton fils qu'il n'aura pas un jour à prendre cette décision mais s'il décidait de mettre son père à l'écart je crois que le plus important est qu'il ne cultive pas de rancune à l'égard de son père.